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  • Photo du rédacteurjuliettehen6

De l'Irlande à l'Ecosse


Mercredi 31 Mai 2023


 


Position : 56°23’N et 6°00’W


 


Au mouillage à Loch Beg, Ile de Mull, Ecosse


 


Dix jours que je n’ai pas donné de nouvelles…on s’était quitté à Derrynane harbour en Irlande, et nous nous retrouvons donc aujourd’hui en Ecosse. Les jours semblent défiler à toute vitesse, entre découvertes, navigations, rencontres, on ne voit pas le temps passer !


 


On a donc troqué l’Irlande pour l’Ecosse, sans pour autant se départir du beau temps. Une rapide escale à Dingle nous a permis de prendre une douche bien méritée, de refaire le plein d’eau et évidemment d’aller savourer une bonne pinte au pub. On aurait peut-être dû rester pour un petit « Fish and chips » aussi, mais n’ayant rien prévu pour Louis ce soir-là, on a préféré rentrer nourrir notre progéniture en remettant cela à plus tard. Le lendemain de notre arrivée, notre ami Franck qui nous accompagnait depuis Brest est parti aux aurores attraper un train, puis un ferry pour la France, et nous avons remis les voiles dans la foulée. Le vent était toujours de face, donc nous avons tiré de longs bords pendant un peu plus de 24 heures pour rejoindre la petite île d’Inishbofin dans le comté de Galway.


 


Cette petite île pleine de charme compte environ 200 habitants, et sans doute au moins dix fois plus de moutons et de vaches, est située à 8 km au large de la côte du Connemara. D’une superficie de 16 kilomètres carrés, on peut aisément l’explorer à pied ou à vélo, et profiter des superbes paysages en toute tranquillité. Le soir de notre arrivée, des pêcheurs locaux revenant d’une sortie avec des touristes nous accostent et nous offrent un beau poisson qu’ils ont en surplus, et nous nous régalons de délicieux filets le soir même. C’est aussi la première fois que Louis mange du poisson frais, et il semple bien apprécier. Le lendemain, nous passons une belle journée ensoleillée à flâner dans ce petit coin de paradis, de quoi se dégourdir les jambes et reprendre des forces avant de remettre les voiles vers l’Ecosse, où nous avons prévu de retrouver des amis sur l’île de Mull.


 


Pour ne pas déroger à la règle depuis notre départ de Brest, le vent est, comme à son habitude, pile dans notre nez et faible…ce qui signifie que nous devons une nouvelle fois tirer des bords pour rejoindre notre destination. Pour ceux qui ne sont pas marins, cela signifie pour résumer qu’on fait à peu près deux fois la route directe, car un voilier ne peut pas remonter face au vent. Un vieux dicton marin dit que « au près, c’est deux fois la route, trois fois le temps et quatre fois la peine ». Bon, niveau route et temps c’est certain, en revanche, on ne peut pas dire qu’on ait eu trop de peine à rallier l’Ecosse, car le près dans le « petit temps » (traduire vent faible pour ceux qui ne sont pas habitués au jargon marin !) ce n’est pas trop inconfortable. Le bateau gite un peu, ce qui complique un peu la vie, mais au moins on ne tape pas dans les vagues. Louis s’accommode fort bien de sa nouvelle situation, et imperturbable, continue de nous émerveiller en s’épanouissant à bord. Il adore jouer dans la cabine, regarder la mer par le hublot, attraper ses peluches, jouer avec son étoile musicale. Dans la timonerie, on lui a créé un genre de parc avec des filets à chaque extrémité. Il se tient debout sans problème et se déplace en se tenant au filet ou aux bords des banquettes, même quand le bateau gîte. Nul doute qu’il va avoir un excellent sens de l’équilibre en grandissant, et d’ailleurs, on commence à craindre qu’il arrive à marcher seul très bientôt…et surtout qu’il apprenne à monter tout seul sur les banquettes !


 


Enfin, toujours est-il qu’après 3 jours et deux nuits de mer, nous avons embouqué le très joli Sound de Iona avant-hier autour de midi. Nous avons jeté l’ancre en face de Fionnphort le temps de déjeuner, mais surtout de faire les formalités d’entrée au Royaume-Uni, puis avons levé l’ancre pour rejoindre notre mouillage actuel situé dans un petit loch du nom de Loch Beg, au fond de Loch Scridain, sur l’île de Mull. Pour la première fois depuis longtemps, on a pu enfin ouvrir un peu les voiles et laisser le bateau filer à plus de 8kn dans une jolie brise au vent de travers, le tout sous un soleil de plomb, en admirant les falaises de basalte bordant le côté nord du loch. Une fois mouillés, nos amis sont venus nous accueillir sur la plage, et nous ont invité pour un excellent diner, une douche (toujours un plaisir pour les marins que nous sommes) et une bonne nuit à terre.


 


Le matin, après un petit déjeuner à l’anglaise (œufs brouillés, bacon et épinards), nous embarquons à bord du semi rigide de nos amis pour une journée découverte des environs, et quelle journée ! On commence par relever les casiers qu’ils ont disposé un peu partout dans le loch…pour n’y trouver qu’un seul homard. Étant 8 adultes avec pour projet de les griller au barbecue sur la plage à midi, on se dit que ça va être un peu juste…mais c’est mieux que rien, et on a tout de même prévu autre chose au cas où ! Une fois la déception passée donc, plein gaz direction l’île de Staffa. Là, on découvre une grotte avec de magnifiques « orgues » de basalte appelée « Fingal’s cave ». La météo est de la partie, et nous sommes loin d’être les seuls à visiter le lieu, mais nous, avec notre semi rigide, on peut carrément rentrer le bateau dans la grotte – j’en ai même quelques scrupules en me disant qu’on doit bien gâcher les photos de tous les touristes venus admirer cette merveille de la nature. Nos hôtes allument leur enceinte et envoient la musique classique, c’est de toute beauté. En repartant, nous repérons un petit bateau de pêche et les accostons pour leur acheter des homards et des crabes, une affaire rondement menée puisque quelques minutes plus tard, nous repartons lestés de quatre beaux homards et autant de crabes. Notre skipper remet les gaz et nous voici partis à fond les manettes direction l’île de Lunga.


             Cette fois ce n’est pas l’aspect géologique qu’on vient admirer, mais plutôt la faune. Lunga est en effet un lieu de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux, et notamment les très emblématiques macareux. J’embarque mon appareil photo qui n’est quasiment pas sorti de son sac depuis la naissance de Louis et me régale à tirer le portrait de ces adorables petits oiseaux au bec multicolore qui préparent leurs nids, mon petit ange confortablement installé dans le porte bébé sur mon dos. C’est le début de la saison et apparemment les macareux ne sont pas encore très nombreux, mais déjà il y en a des centaines. Le spectacle est d’autant plus grandiose que c’est le printemps, et les pentes sont tapissées de fleurs multicolores, du jaune, du bleu, du rose, la palette est au complet. On en prend littéralement plein la vue, et c’est vraiment le genre de moments qui nous rappellent pourquoi on entreprend de voyager comme on le fait. Je suis dans mon élément, près des oiseaux, en pleine nature, au soleil, que demander de plus ? Une courte marche sur un sentier escarpé nous mène à un point de vue magnifique sur la colonie de guillemots, une invitation à s’assoir quelques minutes, regarder, écouter, et apprécier le spectacle inégalable que nous offre toujours dame nature.


             De retour à bord de notre embarcation du jour, on a à peine le temps de se remettre de nos émotions que déjà se dessine à l’horizon notre prochaine destination, l’île de Gunna. C’est une île privée, qui appartient à un ami des amis qui nous hébergent, et qui nous accueille sur une superbe plage de sable blanc bordée d’eau couleur turquoise. Vu le temps qu’il fait, on se croirait littéralement aux Caraïbes, il ne manque que les cocotiers. A peine débarqués, tout le monde s’affaire à préparer le festin, pendant que Dion et moi on s’occupe de changer et nourrir notre bambin, qui a été absolument adorable toute la matinée et semble ravi de pouvoir s’amuser à quatre pattes dans le sable. On notera en passant le premier changement de couche à la plage…intéressant ! Pas autant néanmoins que le festin qui nous attend, très certainement le meilleur homard que j’ai jamais mangé de toute ma vie. Bon OK, j’avoue, je n’ai pas mangé de homard très souvent…mais grillé comme ça, sur une plage paradisiaque, il a vraiment une saveur toute particulière celui-ci ! Le festin terminé, certains se baignent (elle est à 10 degrés je pense, j’ai envie d’y aller mais en même temps je peux pas, c’est trop froid – j’espère être plus courageuse dans les jours à venir), puis nous allons tous prendre un thé chez notre hôte, avant de retourner chez nos amis ici à Loch Beg. Au total, on aura parcouru plus de 60milles nautiques. Avec notre bateau, cela nous aurait pris plusieurs jours de faire cela (mise en route, mouillages, etc). On vient de vivre une expérience plutôt surréaliste, et sommes extrêmement reconnaissants à nos amis pour cette journée de rêve, qui se clôt par un diner de rois avec huitres, St Jacques, Champagne et tutti quanti. Avec Dion, on se dit qu’il va falloir rentrer à bord avant de prendre des habitudes, sinon, revenir aux pâtes, riz, lentilles avec de grands verres d’eau ça va nous faire tout drôle !


 


Aujourd’hui donc, c’est repos et bricolage à bord de Beaufoy, petite balade cet après-midi sans doute quand Louis aura fini sa sieste. Demain on ne sait pas encore, mais l’idée est de profiter encore de l’hospitalité de nos amis pour découvrir le lieu, avant de poursuivre notre voyage vers le Nord d’ici quelques jours.


 


Je vous laisse découvrir les images de ces derniers dix jours, et vous dit à tout bientôt pour le prochain carnet de bord !



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