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  • Photo du rédacteurjuliettehen6

De Jura aux Îles Scilly

Lundi 3 Juillet 2023

 

Position : 49°57’ N 6°19’W

 

Mouillés dans St Helen’s Pool, Iles Scilly

 

 

Bonjour !

 

Nous nous étions quittés la semaine passée alors que nous nous apprêtions à rejoindre l’île de Jura. Le vent étant pour une fois pas dans le nez, la navigation jusque cette île est fort plaisante, et surtout une des plus rapides jusqu’ici. Nous embouquons Loch Tarbert sur la côte sauvage en tout début d’après-midi, et remontons ce spectaculaire bras de mer à la voile. Ce loch marin coupe quasiment l’île en deux, et rejoint presque la côte Est tant il pénètre profondément dans les terres. Un passage très étroit rend l’entrée plutôt spectaculaire, et amène Dion à démarrer le moteur pour des raisons de sécurité. Il y a déjà un voilier au mouillage dans la baie recommandée par les guides nautiques, aussi poursuivons nous jusqu’au bout. Là, un minuscule petit passage permet de s’enfoncer encore plus profondément dans le loch, et nous osons nous y engager. Nous nous arrêtons toutefois rapidement pour mouiller dans un des premiers méandres, la cartographie annonçant par la suite de nombreux rochers.

 


Une petite vedette à moteur appartenant sûrement à un local est amarrée sur un coffre dans la petite baie où nous jetons l’ancre. Nous nous assurons d’avoir bien la place avant de mouiller, puis de descendre à terre explorer notre nouveau terrain de jeu. Comme souvent, nous nous heurtons rapidement à un barrage de fougères…et qui dit fougères dit tiques…et donc méfiance absolue. En prenant un peu de hauteur, nous trouvons des petites sentes crées par les cerfs qui paraît-il sont nombreux sur l’île. Nous sommes heureux de pouvoir marcher un peu, et surtout de découvrir le panorama qui s’offre à nous depuis le sommet de la petite colline. A notre retour sur la berge, nous embarquons dans le zodiac et décidons de remonter le loch pour voir ce qui s’y cache au fond. Comme prévu, nous rencontrons pas mal de rochers, sans problème évidemment à bord de notre petite embarcation, mais qu’il aurait été bon de repérer avant de s’engager avec le gros bateau. Une grande baie se trouve au fond du loch, où quelques bateaux locaux sont amarrés sur coffres. Le paysage est moins grandiose que dans « notre » petite baie, et nous sommes finalement bien contents d’avoir choisi de jeter l’ancre là-bas. Au retour, nous nous régalons une fois de plus d’une poêlée de St Jaques péchées par Dion il y a quelques jours, mets dont on ne se lasse décidément pas.

Le lendemain matin nous nous levons sous des trombes d’eau…on dirait que la journée d’exploration risque de se terminer à bord ! Après déjeuner, nous quittons le mouillage pour rejoindre la baie que nous avions passé la veille et où était mouillé un voilier…il y en a désormais 4 ! Qu’à cela ne tienne, nous rejoignons le groupe et mouillons non loin du plus petit d’entre eux. Il s’agit d’un tout petit voilier en bois, sans cabine. Une bâche est tendue sur la bôme créant une tente sous laquelle vit vraisemblablement le propriétaire. Ce dernier apparaîtra un peu plus tard, un solide gaillard d’au moins 60 ans, qui nous regarde l’air passablement inquiet alors que les rafales de vent nous rapprochent un peu près de son frêle esquif. En fin d’après-midi, nous profitons d’une légère éclaircie pour faire un petit tour à terre, sous la bruine donc. Nous marchons sur une plage de galets jusqu’à un barrage assez conséquent dont on se demande bien pourquoi il a été construit puisque personne ne vit là. On apprendra plus tard qu’il a été créé pour la pêche à la truite ! A notre retour, nous repositionnons le bateau pour être un peu plus loin de notre voisin et le laisser dormir paisiblement. Nous quitterons ensemble le mouillage au petit matin, toujours sous la pluie. Dion est impressionné : comme il n’y a quasiment pas un souffle, notre voisin quitte le mouillage à l’aviron, jusqu’à ce qu’il atteigne un endroit avec suffisamment de vent, et alors il hisse sa voile pour filer gentiment vers sa prochaine destination. Tandis que nous, les « jeunes », on démarre le moteur, lui fait ça à l’ancienne, c’est beau et ça force le respect.

 

Nous descendons le Sound of Islay au moteur…et contre le courant, donc doucement. Cela nous permet d’observer la côte…qui hormis quelques distilleries dont la célèbre Coal Ila sur Islay, est peu construite. Nous observons à plusieurs reprises des cerfs, mais les conditions sont loin d’être optimales pour les photographier. Nous arrivons vers midi à Craighouse, le petit village et « capitale » de Jura si l’on veut. La baie est parsemée de coffres pour recevoir les visiteurs, mais nous ne sommes que 3 voiliers dans la baie, et personnellement, nous préférons rester sur notre ancre. Peu après notre arrivée, nous sommes surpris par l’amerrissage d’un hydravion, qui atterrit à pleine vitesse entre les mouillages, avant d’aller s’amarrer au petit ponton qui se trouve en face du magasin. Le magasin ici fait aussi office de poste, et jouxte un petit bâtiment qui se trouve être l’école. A quelques pas de là se trouve la distillerie…du célèbre whisky du nom de l’île, « Jura » donc. Depuis le temps qu’on se balade en Ecosse, je trouve qu’il est grand temps que nous visitions une distillerie, alors nous allons d’un pas décidé vers cette dernière. Malheureusement, ils ne font pas de visites le mercredi, apparemment c’est le jour du nettoyage des cuves si j’ai bien compris. Ils nous proposent néanmoins une dégustation ! A 14h et vu que j’allaite encore, je décline poliment, mais Dion lui, accepte avec plaisir. Il commence par dire qu’il a trouvé son dernier whisky Jura trop sucré, alors l’employé, qui parle d’ailleurs très bien français, s’empresse de demander duquel il s’agit avant de s’agiter frénétiquement et de dénicher une bouteille susceptible de plaire à mon homme. Il lui sert alors une bonne rasade d’un whisky qui n’est vendu que dans la distillerie…pour la modique somme de…300£ ! Surprise surprise, Dion le trouve à son goût ! Je l’incite tout de même à en gouter un deuxième à un tarif plus abordable, parce que je n’ai aucunement l’intention d’investir autant d’argent dans une bouteille de whisky, le breuvage semble s’évaporer bien trop vite ! Évidemment, le deuxième whisky est moins bon que le premier, mais étant à peu près 10 fois moins cher, il passe tout de même le test, et nous pouvons repartir d’Ecosse avec un souvenir de circonstance.

 

En fin d’après-midi, nous quittons le mouillage à la voile et faisons route vers le « mainland », où nous allons rendre visite à un ami. Il s’agit d’un caméraman avec qui nous avons travaillé il y a quelques années, avec qui nous nous entendons super bien, et dont j’admire vraiment le travail. Il habite au fond d’un petit loch appelé Loch Na Cille, juste au Nord de Loch Sween. Il y a même une belle jetée pour débarquer, et c’est apparemment un lieu idéal pour observer les loutres : un vrai petit coin de paradis. Louis est content de pouvoir débarquer un peu et surtout déambuler un peu plus librement sur la pelouse tondue ainsi que dans la maison. En plus, il y a un chien, ce qui met toujours notre petit bonhomme en joie. Nous passons une belle soirée à discuter tranquillement autour de délicieuses pizzas maison, c’est sympa de découvrir le lieu de vie et la famille de quelqu’un avec qui on a passé autant de temps à bord.

Le lendemain, nous allons nous balader sur la pointe et réussissons à ne pas nous faire trop rincer malgré quelques jolies averses. Au retour, nous visitons la petite chapelle qui abrite de très anciennes pierres tombales sculptées, un véritable travail d’orfèvre. L’après-midi, c’est repos à bord, avant de retourner à terre en fin d’après-midi. En début de soirée, nous partons de conserve avec le petit voilier de John pour mouiller au bord d’une petite plage à l’entrée du loch, avec l’idée d’y faire un feu et de pique-niquer. La météo n’est pas franchement avec nous, et un vent bien frisquet se lève, mais nous arrivons néanmoins à débarquer tous et apprécier un petit moment hors du temps dans ce joli petit coin d’Ecosse. Au retour, nous disons au revoir à notre ami et toute sa famille, car nous avons prévu de partir vers le Sud dès que le courant sera favorable, et eux seront absents la matinée.

 

Vendredi, sous une pluie discontinue, nous levons l’ancre et amorçons notre navigation vers le Sud. Le vent est toujours un peu dans le nez, et nous tirons donc quelques bords avant de mouiller en début de soir à l’Est de lîle de Gigha. Nous en repartons aux premières lueurs du jour samedi matin. Cette fois, le vent a tourné à l’Ouest, et nous pouvons enfin apprécier les performances de notre voilier. On fait même des pointes à 14knts ! Bon, certes, le courant nous aide, mais tout de même, c’est satisfaisant d’avancer enfin rapidement. Contrairement aux prévisions cependant, le vent ne restera pas aussi favorable tout du long, et nous nous retrouvons le plus souvent à une allure de « bon plein », c’est-à-dire entre le près et le travers, ce qui n’est pas le plus confortable à vivre. Louis ne me laisse pas beaucoup dormir et du coup je ne me sens pas très bien durant les 48 heures que nous passons en mer avant d’arriver aux îles Scilly.

 

Nous sommes donc arrivés ce matin, sous un ciel bleu parsemé de jolis cumulus, et une brise bien établie à plus de 30knts. 3 ris dans la grand-voile, trinquette, le bateau marche toujours bien alors que se dessinent les îles sur l’horizon. Nous visions l’île de Tean, parce qu’elle est inhabitée et parait très jolie, et aussi parce qu’un de nos meilleurs amis aux îles Falkland (originaire des Scilly) a appelé son bateau ainsi. Nous jetons l’ancre en milieu de matinée, juste à temps pour la sieste de Louis. On aimerait se balader, mais le vent ne mollit pas, alors à la place, on fait un peu de ménage et un brin de toilette, en espérant pouvoir profiter un peu plus de l’escale demain, car mercredi il faudra remettre le cap à l’Ouest pour rejoindre la France et plus précisément le cotentin, où les grands-parents de Louis l’attendent avec impatience.

 

Je vous laisse donc pour l’instant, et vous dit à bientôt pour le carnet de bord final de cette boucle Irlando-Anglo-Ecossaise !


PS : crédit photo Oli Prince pour la photo de couverture

 

 

 

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